Le 19 octobre 2010 — Un nouveau rapport en Colombie-Britannique souligne des façons de mieux comprendre et surveiller la santé et le bien-être des enfants et des adolescents, tout en indiquant les défis uniques que soulève la santé des enfants autochtones de la province — qui font face à de plus grands risques pour la santé, plus de tentatives de suicide, des rendements scolaires médiocres et deux fois plus de risques d'exposition prénatale à l'alcool ou aux drogues.
Le rapport « Grandir en C.-B., » est un effort commun du représentant des enfants et des adolescentset de l'administrateur en chef de la santé publique de la C.-B., et le premier au Canada qui tente d'établir des données de base afin de soutenir les changements en matière de politique en lien avec la santé des enfants et des adolescents. Il recense 30 indicateurs de bien-être afin de répondre à certaines questions dont les suivantes :
- Les bébés naissent-ils en santé'
- Qu'advient-il des enfants et des adolescents pris en charge par le gouvernement'
- Quels sont les éléments propres au bien-être des enfants et des adolescents autochtones'
- Quels sont, selon les adolescents, les indicateurs importants de leur bien-être'
Présenté au Sommet de 2010 de Vancouver « Champions for Children and Youth », le rapport « Grandir en C.-B. » est la première étape qui vise à l'amélioration des circonstances et des dénouements pour les enfants et les adolescents de la C.-B. Les questions abordent les points positifs et négatifs, qu'il s'agisse du suicide des adolescents, de l'abus et de la consommation d'alcool ou de drogue, du bénévolat, des taux de diplomation au secondaire ainsi que des rapprochements positifs avec les communautés et des adultes bienveillants.
« L'objectif de cette démarche consiste à identifier un ensemble d'indicateurs pouvant influencer la santé et le bien-être des enfants et des adolescents et pouvant être suivis par le gouvernement au fil du temps, » mentionnait le Dr Perry Kendall, Administrateur en chef de la santé publique en C.-B..



Besoin critique de développer des outils qui soutiennent la santé des enfants autochtones
De façon générale, le rapport souligne que les enfants des régions éloignées sont plus pauvres et que 22 pour cent des enfants pris en charge par le gouvernement se couchent affamés. Toutefois, on remarque un fossé abyssal lorsqu'il s'agit de la santé et du bien-être des membres des Premières nations de la C.-B. et du reste de la province.
Margo Greenwood, chargée des affaires universitaires du Centre de la collaboration nationale de la santé autochtone, agissait en tant qu'experte-conseil du rapport. Elle mentionnait que les enfants autochtones obtiennent un pointage moins élevé sur les indicateurs de bien-être que les autres enfants et qu'un nombre disproportionné d'enfants autochtones sont pris en charge par le gouvernement. Les enfants autochtones présentent un taux de prise en charge six fois supérieur à celui des enfants non autochtones et ils obtiennent également les résultats les moins élevés de tous les groupes dans les tests de connaissances pédagogiques.
Madame Greenwood mentionnait que ces conditions font état de problèmes sous-jacents dont les racines remontent à un passé colonial et que des indicateurs doivent être développés afin de « mesurer ces réalités. »
« Comment évaluons-nous l'impact des différences culturelles' » demandait-elle.
Elle notait également dans le rapport que lorsqu'il s'agit de données liées aux enfants autochtones, les mesures de la santé ont tendance à être trop vastes pour saisir les nuances d'un endroit à un autre de la province ou parmi les groupes d'enfants et d'adolescents.
En outre, les questions de la recherche n'ont pas tendance à refléter les perspectives indigènes, ce qui « rend impossible la détermination de résultats » significatifs ou pertinents aux enfants autochtones. Un défi important consiste à comprendre les contextes culturels ou identitaires particuliers des enfants autochtones dans l'élaboration de données de la recherche.
« Des outils ne peuvent être utilisés dans un paradigme pour mesurer un autre paradigme. Nous avons besoin de préparer des outils et des procédés d'évaluation de la diversité dans laquelle vivent les enfants et les adolescents autochtones, » soulignait madame Greenwood dans le rapport.
La création d'un nouveau cheminement exige des changements en matière de politique et des ressources
Madame Greenwood indiquait que « Grandir en C.-B. » comporte des « incidences politiques énormes. »
« Ces types de statistiques peuvent guider et soutenir des décisions importantes autour de la politique et des programmes. Ce rapport a des incidences nationales du fait que des pratiques exemplaires et prometteuses y sont soulignées. Il s'intéresse également à des tendances communes à l'échelle du pays sur les Autochtones qui ressentent le poids des disparités, puisqu'il ne s'agit pas d'une expérience unique à la C.-B. Au Centre de la collaboration nationale de la santé autochtone, nous demandons : quelles sont les interventions et stratégies en matière de politique pouvant être appliquées au pays, tout en considérant la diversité au sein des membres des Premières nations, des Inuits et des Métis. »
Les auteurs du rapport, Kendall et Turpel-Lafond, indiquaient que des modifications devront être apportées aux politiques gouvernementales et à la façon dont les ressources sont allouées afin de planifier le nouveau cheminement des enfants et des adolescents de la C.-B.