Rapport conjoint du CCNSA et d'UNICEF Canada
23 juin 2009 - L'état de santé des enfants autochtones du Canada est bien inférieur à la moyenne nationale. Il s'agit pour le Canada du plus gros problème en matière de droits des enfants, selon le tout nouveau supplément canadien au Rapport 2009 sur la situation des enfants dans le monde de l'UNICEF.
Malgré les progrès accomplis, la santé des enfants autochtones reste plus déficiente que celle les enfants non autochtones, avec des résultats bien inférieurs à la moyenne nationale dans presque tous les indicateurs de santé comme les taux de diabète et de suicide, ainsi que pour les conditions qui influencent la santé comme la pauvreté et l'accès à l'eau potable.
Un gouffre dans les résultats de santé des enfants
Les spécialistes nationaux utilisent les données actuelles pour décrire les conditions de vie de la majorité des enfants des Premièrs nations, inuits, métis et vivant en milieu urbain. Ils remarquent que les problèmes découlant de l'héritage des politiques comme les pensionnats ont creusé un fossé entre les familles et leurs enfants.
Parmi les conclusions :
· Le taux de mortalité infantile dans les réserves des Premières nations est jusqu'à sept fois plus élevé que celui du reste de la population.
· Le taux de mortalité infantile des enfants inuits est plus de trois fois supérieur au taux national et presque équivalent à celui du Sri Lanka et de Fiji.
· Le taux de fertilité des adolescentes des Premières nations est sept fois plus élevé que celui des autres adolescentes canadiennes.
· De 2002 à 2006, le taux de tuberculose de certaines communautés inuites était 90 fois supérieur à celui des populations non autochtones,
· Quarante pour cent des enfants autochtones de moins de 14 ans vivent dans des logements surpeuplés, soit plus de six fois plus que les enfants non autochtones.
· Les taux d'immunisation des enfants des Premières nations vivant dans des réserves sont de 20 % inférieurs à la moyenne nationale.
« La santé des enfants autochtones du Canada est un indicateur de la santé de notre nation », déclare Margo Greenwood, leader académique du Centre de collaboration nationale de la santé autochtone. « Leur état de santé est le produit des conditions sociales et de l'accès aux ressources sociétales. Nous possédons les connaissances, la technologie et les ressources pour donner à tous nos enfants le meilleur état de santé qui soit. »
Les enfants ne sont pas tous égaux
Le rapport marque le vingtième anniversaire de la Convention relative aux droits de l'enfant qui oblige les gouvernements à veiller à ce que tous les enfants profitent du niveau le plus élevé possible de santé et d'accès aux soins. Comme l'explique Nigel Fisher, président directeur général d'UNICEF Canada : « L'état de santé des enfants autochtones du Canada n'est pas ce à quoi on pourrait s'attendre d'un des pays les plus riches au monde. Il existe des solutions identifiables pour réduire ces inégalités. Ce rapport est destiné à tous ceux qui croient que la force du Canada est liée à celle de nos enfants les plus vulnérables. »
Nigel Fisher affirme que les dépenses fédérales destinés aux communautés autochtones ne reflètent pas la croissance de la population, et qu'un certain nombre de services fournis aux autres Canadiens sont sous-financés ou refusés. Le rapport d'UNICEF Canada insiste sur le fait que des centaines d'enfants autochtones sont l'otage de conflits entre divers ordres de gouvernement, en ce qui concerne la responsabilité de la prise en charge financière des services.
Il appelle également au même niveau de services pour tous les enfants du Canada et à l'adoption de lois fédérales et provinciales visant à imposer le « principe de Jordan », un principe donnant la priorité aux enfants en cas de conflit de compétences compromettant la vie et le santé des enfants des Premières nations.
« Il est essentiel de supprimer les disparités sanitaires chez les Premières nations, les Inuits et les Métis et d'entreprendre une démarche canadienne collective pour y parvenir, explique Margo Greenwood. Nous ne ferons pas disparaître ces disparités en recourant à une stratégie unique ou en appliquant la même à tout le monde. Pour construire un Canada fort et dynamique, il faut une approche holistique qui mise sur les caractéristiques et les forces des Premières nations, des Inuits et des Métis. »
Voici les actions recommandées :
· recueillir des données de grande qualité sur tous les domaines de la santé et du bien-être autochtones afin de combler les grandes lacunes, comme celle sur la prévalence du SIDA et du VIH chez les peuples des Premières nations;
· éliminer les limites juridictionnelles qui gênent la prestation des soins de santé;
· former les fournisseurs de santé et de services sociaux pour renforcer la compréhention des contextes et des problèmes de santé propres aux Autochtones
· renforcer la création des capacités pour favoriser la gestion autochtone des initiatives sociales, sanitaires et éducatives
· augmenter les ressources et le financement destinés à la recherche, à l'élaboration de politiques et à la prestation de services.
Le rapport encourage également la reconnaissance du « Principe de Jordan », un principe donnant la priorité aux enfants en cas de conflits de compétences compromettant la vie et le santé des enfants des Premières nations. Cliquez ici pour en savoir plus.
Pour consulter le rapport et participer à des actions de soutien des enfants autochtones, cliquez ici.