L'une des façons de veiller à la santé des enfants des Premières nations, inuits et métis consiste à sensibiliser la prochaine génération de résidents en pédiatrie. En 2010, un nouveau module pédagogique sur la santé des enfants autochtones a été mis au programme de 16 universités du pays, en vue de former efficacement la prochaine génération de pédiatres qui traiteront les enfants et les adolescents autochtones ainsi que leurs familles.
Sur la ligne de front
Durant sa résidence dans les hôpitaux et cliniques du nord de la Colombie-Britannique, le médecin de famille Catherine Elliott s'est rendue compte que, pour de nombreux patients autochtones, la santé optimale allait plus loin que le simple soulagement des symptômes immédiats.
« Si nous voulons améliorer les soins, il est important que nous comprenions les complexités historiques et le contexte social avec lesquels nous arrivent les patients autochtones lorsqu'ils consultent un médecin de famille », affirme le Dr Elliott, qui a récemment exprimé son point de vue dans la revue Médecin de famille canadien.
Par exemple, en isolant une dame âgée autochtone afin d'effectuer une analyse de dépistage de la tuberculose, la Dre Elliott s'est aperçue que ce qui lui semblait un simple examen de routine pouvait être une expérience terrifiante pour sa patiente. Cela s'explique en partie par le fait que, dans de nombreuses communautés autochtones, le traitement de la tuberculose est associé aux pensionnats, aux sanatoriums et à des agonisants « seuls, loin de leur famille et de leur communauté ».
Module de formation à l'intention des résidents en pédiatrie du Canada
Des lignes directrices et un programme seront bientôt offerts aux résidents en pédiatrie de plus d'une douzaine d'universités du Canada, afin de mieux les préparer à soigner les patients autochtones.
Élaboré par la Société canadienne de pédiatrie avec l'appui du Centre de collaboration nationale de la santé autochtone et de près d'une douzaine d'organismes nationaux, dans le cadre du partenariat intitulé Rassemblés autour d'un rêve, ce programme véhicule non seulement de l'information médicale, mais également le contexte historique des soins aux enfants et adolescents autochtones.
Il a été mis à l'essai en juin au cours d'un atelier d'une journée et demi à l'Université Queen's et a été intégré aux programmes canadiens de résidence en pédiatrie en 2010.
« La plupart des étudiants qui ont participé à l'atelier étaient d'avis qu'il y avait un grand besoin pour ce genre d'information », nous confie le Dr Kent Saylor de l'Hôpital de Montréal pour enfants, Centre universitaire de santé McGill.
« Bon nombre d'entre eux ne connaissaient pas les données qui leur étaient présentées, et même les notions de base leur étaient inconnues, comme la différence entre les peuples des Premières nations, des Inuits et des Métis; quelles sont les personnes considérées comme Autochtones; à qui s'applique la Loi sur les Indiens; quelles sont les règles en matière de logement selon les territoires de compétence; et qui fournit les médicaments essentiels dans chaque territoire de compétence. De quoi mettre les choses en perspective. »
Le Dr Saylor, qui a joué un rôle central dans l'élaboration du programme, ajoute que la plupart des résidents en pédiatrie vont travailler dans des centres tertiaires et des hôpitaux d'enseignement et, par conséquent, vont probablement soigner des enfants et adolescents autochtones des environs.
« Il serait difficile de ne pas voir à quel point ce programme va permettre d'améliorer les résultats.
Il devrait s'agit d'une étape importante de la réponse à la problématique soulevée par des médecins comme la Dre Elliott en vue d'établir des relations thérapeutiques et sensées entre les médecins et leurs patients autochtones. Un plan a été mis en place par les participants de Rassemblés autour d'un rêve pour adapter le programme en vue de former les médecins de famille.