Notre Centre accorde une grande place à la collaboration dans le cadre du partage du savoir dans des contextes sociaux et géographiques. Cette démarche nous permet d'aller au-delà des limites traditionnelles (institutionnelles, juridictionnelles, professionnelles) pour régler les problèmes complexes sous-jacents à la santé et au bien-être autochtones.
Les relations ont débouché sur de nombreux partenariats directs avec divers organismes gouvernementaux, de recherche ou communautaires, et sur le financement de réseaux interdisciplinaires aux échelons national, international et régional. Alors que nous amorçons notre cinquième année, nous cherchons à étendre nos activités aux populations marginalisées, négligées par la recherche ou oubliées du Canada comme les Premières nations, les Inuits et les Métis vivant en milieu urbain ou encore dans des communautés éloignées, isolées et confrontées à des problèmes de santé particuliers.
En tant qu'organisation universitaire ayant un mandat national, le CCNSA joue un rôle important de complément pour des organisations œuvrant de manière directe ou indirecte dans le domaine de la santé autochtone. Nous continuons à établir des partenariats avec des entités comme l'Organisation nationale de la santé autochtone (ONSA), tout en travaillant de concert avec la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits de Santé Canada; l'Institut de la santé des Autochtones (ISA); l'Aboriginal Health Research Networks (AHRNet) Secretariat; l'Assemblée des Premières nations (qui représente les Premières nations); Inuit Tapiriit Kanatami (qui représente les Inuits); le Ralliement national des Métis; le Nechi Institute; des organisations autochtones de l'ensemble du pays; d'autres Centres de collaboration nationale et des autorités régionales de santé.
Nous intervenons également en fournissant de l'expertise, en accordant du financement et en favorisant les échanges par le biais d'une vaste gamme de projets et d'activités. Nous veillons ainsi à participer à des initiatives dans tout le pays et à renforcer l'interconnectivité du paysage de la santé autochtone. Le CCNSA a financé de nombreux projets, comme :
· l'Arctic Health Research Network (Yukon) : Réalisé en collaboration avec le Conseil des Premières nations du Yukon et le ministère territorial de la Santé, ce projet a débouché sur un rapport interactif et un CD interrogeable à la suite d'une « classe de printemps » faisant intervenir des travailleurs communautaires en santé publique de l'ensemble du territoire.
· Le Réseau canadien autochtone du sida (RCAS) et l'Assemblée des Premières nations ont aidé des jeunes des Premières nations, inuits et métis à exprimer leur opinion sur les maladies transmissibles sexuellement et par le sang en créant une campagne de communication et de médias visant à informer d'autres jeunes autochtones sur le VHI/SIDA.
· Landon Pearson Resource Centre for the Study of Childhood and Children's Rights : Le CCNSA continue à financer des ateliers annuels avec des enfants et des jeunes. L'événement « Shakers and Movers: Child Rights in Education, Convention on the Rights of the Child » de l'Université Carleton d'Ottawa donne à des enfants et à des jeunes de divers milieux l'occasion d'explorer d'importants sujets de préoccupation.
De nouvelles initiatives sur de nouveaux fronts :
Les chercheurs ont relevé de constantes lacunes en matière de recherche et d'information sur les groupes de population comme les peuples autochtones en milieu urbain, les Métis, les problèmes associés aux communautés rurales et éloignées ou la santé des aînés. Nos initiatives les plus récentes étendent nos recherches aux :
· Populations autochtones urbaines : Au Canada, le taux d'urbanisation des personnes ayant des liens avec les communautés des réserves est près de 50 %. Les groupes les plus urbanisés sont ceux qui ne possèdent aucun statut reconnu, comme les Indiens non inscrits et les Métis[1]. La fréquence des migrations entre les communautés des réserves et les centres urbains peut déboucher sur l'instabilité résidentielle et familiale, l'affaiblissement de la cohésion sociale et d'autres problèmes. Le CCNSA collabore avec le Centre for Native Policy and Research de Vancouver pour mieux comprendre les déterminants sociaux de la santé en milieu urbain et mieux définir les programmes et les politiques. Le projet explorera des notions comme les réseaux sociaux et l'engagement communautaire et civique dans les communautés autochtones urbaines, et créera un catalogue des services afférents[2].
· Les collectivités éloignées du Nord du Québec : Le CCNSA apporte son soutien à ce projet de collaboration entre les Cris de la baie James, les Inuits du Nunavik, l'Institut national de santé publique du Québec et l'Université du Québec à Rimouski, qui vise à examiner l'accès aux services en santé mentale dans le nord de la province. La recherche a mis à jour la sous-utilisation des services en santé mentale par les populations autochtones, et ce, malgré le taux disproportionné de maladies mentales. Les faits démontrent que les traitements habituels échouent à valoriser les constructs de la santé mentale et les modes d'acquisition du savoir des Autochtones. En outre, l'idée répandue que la toxicomanie relève d'une faiblesse morale plutôt que du statut socioéconomique, de la désagrégation, des changements culturels, de la marginalisation et d'autres problèmes, tend à perpétuer l'oppression héritée de la colonisation[3]. Le CCNSA fera connaître les conclusions du projet à l'échelon national.
· Nous renforçons le soutien des initiatives de santé visant les Métis, et en collaboration avec l'Organisation nationale de la santé autochtone, nous contribuons à créer et à diffuser des dossiers d'information sur les problèmes de santé de cette population.
