Trouver une voie pour la santé publique des Premières nations, des Inuits et des Métis

Qu'il s'agisse de la prévalence des maladies chroniques chez les peuples autochtones ou du taux de cancer du poumon le plus élevé au monde chez les Inuits, les problèmes de santé sont majeurs, complexes et dépendants de facteurs historiques, politiques et sociaux. L'une des principales tâches du CCNSA consiste à veiller à ce que les divers publics comprennent mieux les contextes autochtones liés aux problèmes de santé. En retour, cette action est susceptible de déboucher sur des programmes, des services et des projets de soutien culturellement adaptés, communautaires, respectueux et pertinents.
 
Mettre les problèmes en lumière
Les nouvelles et les articles publiés dans des revues continuent à révéler les lacunes et les inégalités dont souffrent les Premières nations, les Inuits et les Métis. En 2010, par exemple, les grands titres ont dénoncé les faits suivants :

· Chez les Inuits du Nord, la surpopulation et la pauvreté endémiques ont été liées dans de nouvelles études qui indiquent que la mortalité des nourrissons inuits est 3,6 fois plus élevée que celle des autres Canadiens et que 70 % des enfants inuits d'âge préscolaires manquent parfois de nourriture à la maison (Globe and Mail, 2010; Journal de l'Association médicale canadienne, 2010).

· Des données publiées en 2010 démontrent que le taux de tuberculose chez les Inuits a doublé au cours des quatre dernières années, et correspond à « 185 fois le taux des nouveau-nés canadiens non autochtones », à une époque où le taux national diminue (Agence de la santé publique du Canada, 2009).

· Une épidémie de diabète sucré de type 2 touche de nombreuses populations des Premières nations au Canada, avec une tendance à l'apparition à un âge précoce (Reading, 2009).

· La santé est liée à des problèmes environnementaux, comme l'accès à l'eau potable. Le 30 avril 2010, 116 communautés canadiennes des Premières nations faisaient l'objet d'un avis concernant l'eau potable (Santé Canada, 2010).

· Une augmentation constante de la proportion de cas déclarés de SIDA et de résultats positifs au test VIH a été signalée chez les Autochtones du Canada, avec une « propagation explosive de l'infection dans la communauté autochtone des Prairies » (Agence de la santé publique du Canada, 2007; Centre for Aboriginal Health Research, 2010).

 
Des livres et des rapports récents traitent également des problèmes sanitaires propres aux peuples autochtones. Le docteur David Butler-Jones, administrateur en chef de la santé publique du Canada, a publié en 2009 son deuxième rapport sur la situation de la santé publique au Canada, en mettant l'accent sur l'enfance. Bien qu'il vise tous les enfants du Canada, il attire constamment l'attention sur les indicateurs qui affectent le plus les enfants autochtones. Il constate que les « inégalités sont évidentes, même aux tout premiers stades de la vie, en particulier chez les enfants qui sont autochtones, ont des déficiences et font partie d'une famille à faible revenu ». L'administrateur en chef de la santé affirme que, sans mesures concertées, le Canada « risque de manquer le bateau avec ces enfants ».
 
Dans un rapport avant-gardiste publié en 2008, l'Organisation mondiale de la santé décrit des moyens pour combler les écarts de santé mondiaux en intervenant à l'échelon des déterminants sociaux de la santé comme la pauvreté, le logement, l'éducation et le développement de la petite enfance. Le rapport souligne dans ses conclusions que les peuples autochtones ont un statut à part et des besoins différents, et que les politiques, les lois et les règlements « toxiques » sont inadéquats. Parmi les recommandations, le rapport appelle les gouvernements nationaux à « reconnaître, légitimer et soutenir les peuples autochtones dans des politiques, des lois et des programmes qui leur permettent de représenter leurs besoins, leurs revendications et leurs droits » (Commission sur les déterminants sociaux de la santé, 2008).

Sur le front international également, Lancet, la principale revue mondiale de médecine généraliste, a récemment publié un article en deux parties sur la santé autochtone qui révèle les tendances mondiales à l'obésité, aux maladies cardiovasculaires et au diabète de type 2, ainsi qu'aux troubles physiques, sociaux et mentaux liés à l'abus d'alcool et d'autres drogues. Les auteurs (Dr Malcolm King, Ph. D., Département de médecine de l'Université d'Alberta et Michael Gracey, M.D., Unity of First Peoples of Australia, Perth, Australie-Occidentale) demandent que la sensibilisation, l'engagement politique et la reconnaissance « remplacent le refus et la négligence des gouvernements » au sujet des problèmes graves et complexes.  Dans la seconde partie de l'étude, les auteurs ont cherché à traiter des causes sous-jacentes des disparités en santé entre les peuples autochtones et non autochtones selon une perspective canadienne. Ils se sont concentrés sur les points de vue autochtones des causes de mauvaise santé incluant des facteurs comme la colonisation, la migration, la perte de la langue et de la culture et l'éloignement de la terre.

Parallèlement, le docteur Jeff Reading, du Centre for Aboriginal Health Research de l'Université de Victoria, a découvert que les maladies chroniques (des maladies mentales au diabète) sont en hausse chez les Autochtones et qu'il est urgent de prendre des mesures et de procéder à des changements sociaux pour casser le cycle intergénérationnel de la maladie. Dans son livre « The crisis of chronic disease among Aboriginal peoples: A  Challenge for Public Health, Population Health and Social Policy » publié à la fin de 2009, l'auteur décrit par le détail les toutes dernières recherches et conclut que l'intérêt pour le traitement des facteurs de risques de maladies chroniques chez l'adulte est vain lorsque « les générations suivantes grandissent dans les conditions mêmes qui ont favorisé l'émergence de maladies chroniques chez leurs parents. »

Comprendre les enjeux

Si les problèmes de santé sont importants, nous disposons également d'importantes possibilités de changement. Le CCNSA est déterminé à prendre part à une transformation menant à l'égalité et à l'optimisation de la santé et du bien-être pour les Premières nations, les Inuits et les Métis du Canada. Pour cela, il doit adopter des méthodes de santé qui placent les questions autochtones dans leur contexte historique, social, politique et économique. L'an passé, par exemple, notre centre a organisé une séance de formation pour présenter les problèmes et les perspectives de santé des Premières nations, des Inuits et des Métis aux décisionnaires, aux praticiens et aux chercheurs participant à l'Atelier d'été 2009 de Mont Ste-Anne, au Québec. Notre présentation PowerPoint : « Connections to the Past: An Introduction to the Health of First Nations, Inuit and Metis Peoples » aborde les conséquences de la colonisation, la nature fragmentaire de l'élaboration de politiques au Canada entraînant la création de lacunes et de conflits de compétences en santé pour diverses populations autochtones, et les causes sous-jacentes de la maladie.

Nous avons également financé une formation plus formelle en « compétence culturelle » qui promeut les interactions efficaces entre des peuples de différentes cultures, tout en mettant l'accent sur la santé. Notre partenariat avec la Société canadienne de pédiatrie à l'occasion de l'initiative Rassemblés autour d'un rêve a débouché en 2010 sur un programme qui favorise la sensibilisation et l'éducation culturelle des résidents en pédiatrie des universités canadiennes quant aux soins aux enfants et aux jeunes autochtones. Le module pédagogique est en cours d'adaptation en vue de former d'autres groupes professionnels.

Comme le mentionnent deux articles récents de la revue Médecin de famille canadien, les enjeux sont de mieux en mieux connus. Ann C. Macaulay suggère que les professionnels de la santé, qu'ils exercent en milieu rural, urbain ou dans des établissements de soins tertiaires, sont mieux à même de promouvoir la santé autochtone au canada lorsqu'ils adoptent une approche holistique des conseils et des soins. Pour les auteurs Catherine Elliott et Sarah de Leeuw, la généralisation voulant que les peuples autochtones aient un état de santé déficient et vivent dans des conditions sociales et économiques inférieures à la norme peut, dans de nombreux cas, constituer un obstacle aux soins optimaux. Selon elles, il est essentiel de comprendre la complexité historique et contextuelle qui accompagne les patients autochtones en consultation chez leur médecin de famille pour améliorer les soins en brisant ce type de stéréotype.

Le CCNSA contribue également à combler les besoins en information exhaustive sur la santé autochtone au Canada. Nous rédigeons un récapitulatif détaillé et approfondi des connaissances et des activités actuelles au Canada en matière de santé des Premières nations, des Inuits et des Métis. Ce projet est réalisé en partenariat avec l'Agence de la santé publique du Canada. Notre document, The State of Knowledge on Aboriginal Health, explore les programmes de santé publique autochtone provinciaux, nationaux et internationaux ainsi que les obstacles et les facteurs d'atténuation comme la pauvreté et le surpeuplement des logements qui jouent un rôle tellement important dans les résultats de santé. Le document, ainsi que les fiches d'information qui l'accompagnent, sera largement distribué en 2010-2011.
 
Partager le savoir - La présence du CCNSA lors d'événements et de conférences
L'intérêt du CCNSA pour la santé de la population lui impose une approche à volets multiples dans ses activités de partage du savoir, dans le but de rejoindre les publics concernés par la santé autochtone. Tout en continuant à créer des moyens novateurs de diffusion allant des films documentaires qui respectent et renforcent le lien entre les cultures orales et la technologie aux médias sociaux, en passant par les réseaux virtuels, nous continueront à mettre l'accent sur le contact direct avec les communautés et les organisations. Nous tirons particulièrement profit de l'aide des membres du comité consultatif du CCNSA qui continuent généreusement, en 2009-2010, à proposer leur expertise et leur leadership au nom du CCNSA lors de divers événements ou de débats organisés ici ou à l'étranger. Vous trouverez plus bas des détails sur notre participation aux conférences et aux événements.
 
International  
  Pays à forte population autochtone, le Canada est en bonne position pour imposer le respect et exercer une influence lorsqu'il s'agit de traiter des graves problèmes de santé auxquels sont confrontés nombre des 370 millions d'autochtones vivant dans des conditions marginales. Le CCNSA veille à faire entendre la voix des autochtones canadiens auprès d'organismes comme l'Instance permanente sur les questions autochtones des Nations Unies, la Commission sur les déterminants sociaux de la santé de l'Organisation mondiale de la santé, l'Organisation panaméricaine de la santé et lors d'échanges concernant les politiques internationales. En 2009-2010, le CCNSA a poursuivi son travail de longue haleine pour le Commentaire général sur les droits des enfants autochtones des Nations Unies, par exemple, et a fait plusieurs présentations à l'occasion du 14e symposium international en santé circumpolaire de Yellowknife, événement visant à améliorer la qualité de vie dans les régions circumpolaires.

En outre, Margo Greenwood, leader académique du CCNSA, était l'une des conférencières du cinquième Dialogue international sur les politiques sur le VIH/SIDA et les Autochtones (2009). À cette occasion, elle a fait une présentation sur les déterminants sociaux autochtones de la santé et le VIH/SIDA. Organisé par la Direction des affaires internationales de Santé Canada, ce dialogue s'inscrivait dans le cadre d'un mouvement mondial visant à arrêter et renverser l'épidémie de VIH/SIDA chez les peuples autochtones et à obtenir l'accès universel au traitement. Fort de son partenariat avec ONUSIDA, Santé Canada a organisé cet événement pour traiter des problèmes menant à l'exclusion et à la disparité chez les Autochtones, conséquences pouvant augmenter la vulnérabilité au VIH/SIDA. Les discussions se penchaient également sur les autres domaines de débat et d'intervention en matière de politique.

National

Le CCNSA continue à renforcer les liens avec les organisations en santé publique, les représentants gouvernementaux, les chercheurs et les institutions. Nous participons régulièrement à des conférences nationales comme celles de l'Association canadienne de santé publique et de l'Organisation nationale de la santé autochtone, ainsi qu'à de nombreux comités et groupes de travail nationaux. En tant que membres du Conseil consultatif de l'institut des Instituts de recherche en santé du Canada et de l'Institut de la santé des Autochtones, nous contribuons à définir les orientations stratégiques de la recherche en santé autochtone au Canada.    

Aux échelons local et régional
Le Nord de la Colombie-Britannique, où se trouve le CCNSA, est une région dynamique marquée par l'innovation et le leadership en santé autochtone.   Le CCNSA a collaboré avec d'importants organismes en santé de la région, notamment :

· Carrier Sekani Family Services : une organisation de services communautaires de première ligne qui dessert plus de 10 000 personnes appartenant à près de 24 bandes indiennes ou Premières nations sur un territoire de 76 000 kilomètres.

· Northern Health Authority : La plus grande autorité sanitaire de Colombie-Britannique dispense des services de santé à 300 000 personnes réparties dans une région de 600 000 kilomètres carrés. Trente pour cent de cette population sont autochtones, ce qui représente le taux le plus élevé de la province.

· Central Interior Native Health Society : Unique dans le nord et rare au Canada, cette société exploitée par des autochtones possède une clinique de ville qui dispense des services de soins primaires aux personnes qui vivent à proximité, et plus particulièrement à des Autochtones. Elle comprend une clinique de méthadone et une équipe de médecins, de personnel infirmier, de travailleurs sociaux et de spécialistes desservant plus de 1 000 clients. La société a recours à une approche holistique de la santé qui fait la promotion de l'harmonie physique, spirituelle, émotionnelle et culturelle auprès de tous les peuples autochtones du Centre-Nord de la Colombie-Britannique.

 
Le CCNSA continue à contribuer régulièrement aux conférences du BC Rural and Remote Health Research Network et à d'autres initiatives locales et régionales tout en dirigeant plusieurs réseaux provinciaux et régionaux ou en y participant.

 



[1] Richard Horton, « Canada 2010: what should global health expect' » Lancet, vol. 374-9697, 200), pp. 1215-1216.

Partenaires

C'est grâce à nos partenaires que nous pouvons réaliser nos activités. Visitez le Site Web des Centres de collaboration nationale en santé publique pour en savoir davantage sur le programme des centres de collaboration, ou consultez la liste intégrale de nos commanditaires.

Ressources

Lisez notre rapport d'activités pour 2010 : Partager les Connaissances - Faire une Différence

 

Consultez notre page Ressources pour en savoir davantage sur les rapports et obtenir d'autres renseignements.

Bulletin

Restez au courant de nos activités grâce à notre bulletin Complétude du cercle.

  Médias sociaux

Adresse
Centre de collaboration nationale de la santé autochtone
3333 University Way Prince George, Colombie-Britannique
V2N 4Z9 Canada

Tél. : 250 960-5250
Téléc. : 250 960-5644

Vous pouvez aussi consulter notre page Contactez-nous pour obtenir la liste complète et les coordonnées du personnel.